artiste Gioia Albano

Aujourd’hui je vous parle de mon rôle de doula ou encore accompagnante que j’ai tant aimé et que j’aime tant partager et voir se révéler chez les femmes.

Pourquoi les couples recherchent-ils de plus en plus la présence d’une  accompagnante en plus du suivi médical lorsque l’accouchement a lieu en centre hospitalier?

Comme son nom l’indique, elle accompagne: elle n’est ni sage-femme, ni thérapeute, ni spécialiste. J’aime dire qu’elle va permettre à cette femme de se déposer, de se découvrir, de laisser se révéler ce qui a à naitre de sa maternité. Une histoire de femmes au sein d’une maternité souvent réduite à un suivi médical. Et une présence rassurante pour le père.

Concrètement, elle offre un soutien non médical aux parents pendant la grossesse, l’accouchement et le post partum. Elle informe afin que les parents fassent leurs propres choix selon leurs valeurs, leur histoire et comprennent mieux ce qui leur est proposé.

Dès 1970, les premières recherches de Klaus et Kennel ont permis de démontrer que le soutien continu d’une femme en travail par une autre femme (soutien physique, pratique et émotionnel) augmente les chances d’accoucher physiologiquement.[1]

L’essence de la doula se résume plus à une qualité d’être qu’à un ensemble de pratiques ou compétences techniques. Le support offert doit avant tout être associé à une qualité de présence, calme et attentive et d’écoute de la femme qui accouche.

«Lorsqu’une mère contacte une autre femme pour bénéficier de son soutien, elle est à la recherche d’une compagne capable de lui offrir chaleur et empathie ou la simple présence d’une autre femme – une compagne heureuse de tenir sa main avec intégrité et pas nécessairement une personne capable de lui offrir des services spécialisés, dépassant le travail d’une doula.»[2]

«Une bonne doula doit se soucier de la manière dont ses propres expériences liées à l’accouchement et au parentage peuvent avoir un impact sur l’accouchement ou l’allaitement d’une autre mère et s’efforcer d’y  réfléchir, de les traiter et de les guérir dans un environnement sûr et de manière  continue. »[3]

Une formation de doula doit amener les participantes à se connaitre, à réfléchir à leur histoire et à leurs croyances. Les qualités naturelles de certaines femmes en feront des doulas: la compassion, l’écoute, la qualité de présence, l’humilité, le calme et l’intuition.

L’accompagnante devrait-elle être une professionnelle de la santé? Je n’en suis pas certaine puisqu’elle est avant tout une femme qui accompagne une autre femme, au niveau du coeur, au rythme de cette femme et de son bébé, sans contrainte et sans attente.

Pour aller au bout de son expérience d’accouchement, une femme a besoin de se sentir en sécurité, de se sentir aimée, respectée et soutenue de façon inconditionnelle, quoi qu’il se passe. Je sais pour l’avoir vécu à répétition, que tout peut se transformer … même une situation qui semble rationnellement et médicalement bloquée. Une personne non intégrée au système médical et aux contraintes associées, peut offrir cette présence sans être en conflit. Elle peut porter la confiance lorsque plus personne n’y croit et permettre à cette femme de traverser un passage difficile ou du moins de le vivre en conscience et serienement, quelle que soit l’issue.

Pour la période du post partum, la doula est également très importante comme repère stable pour la mère. Elle va offrir son soutien pour l’allaitement et dans le quotidien. Le nombre de dépressions en post-natal augmente depuis 20 ans car les femmes sont très seules après la naissance. Il n’y a pas assez de réseaux de soutien pour encourager, informer, guider et soutenir les nouvelles mamans. Des observations suggèrent que le lien d’attachement mère-enfant est amélioré et le risque de pathologies post-natales est moins élevé chez les mères aidées par une doula. [4]

[1] Sosa, R, Kennel, JH., Klaus, MH. et al. « The effect of a supportive companion on perinatal  problems, length of labor and mother infant interaction» New England Journal of médecine 1980

[2] Adela Stockton – les doulas – p.40 – Éd. Le Souffle d’or.

[3] Adela Stockton – les doulas – p.39 – Éd. Le Souffle d’or.

[4] Golbort, J «postpartum dépression :bridging the gap between medicalized birth and socila support» international of childbirth éducation , decembre 2002.

 

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