Naître au Brésil

Voici le mémoire de fin de formation à la naissance de Pauline Bigoni qui vit miantenant au Brésil . Une expérience pleine de richesse qu’elle nous partage et qui enrichit notre regard autour de la naissance.

«Vivre parmi les mamans au Brésil m’a transformée et ça été pour moi aussi une naissance et un vrai défi ! C’est pourquoi j’ai construit ce dossier sous deux angles de vue : le premier est porté sur la naissance dans le Brésil d’aujourd’hui et toutes les particularités qu’elle implique, que ce soit dans les zones rurales ou urbaines ; le deuxième est beaucoup plus personnel car j’y ai mêlé mon expérience au projet Sonho de Mãe, d’accompagnement des mamans en Amazonie, à des témoignages récoltés au fur et à fur de mes rencontres et qui montrent bien la réalité du défi de la vie !»

Lire le travail intégral:  Naître au Brésil

Pour communiquer avec Pauline : paulinebigoni@gmail.com

Rituel du blessingway

Je vous présente ici le  travail de fin de formation en accompagnement de Gaëlle Falconnet sur le Blessingway, une cérémonie offerte aux femmes avant l’accouchement. Une cérémonie qui relie, qui célèbre le passage de femme à mère, qui offre un temps pour prendre soin de cette femme.

«Proposer le blessingway pendant cette période, participe à mettre en place avec et pour la future mère, un temps privilégié qui sera un temps de pause, un temps pour elle, un temps hors-normes rompant les habitudes. Un temps pour se laisser aller, se faire plaisir, entouré de l’Amour des femmes qui l’accompagnent. Un temps qui permet d’être à l’écoute de son corps et des transformations pas toujours simples à accepter, de s’ouvrir à ce qui se passe à l’intérieur. C’est peut être l’occasion de s’unir à lui et d’en prendre soin.»

Lire le document intégral :Le blessingway

Pour contacter Gaëlle : lunedentrelles

 

À l’aube des temps

À l’aube des temps

Les femmes s’accroupirent

Pour donner la Vie

À l’aube des temps

Leur puissance fut reconnue

Leur force soutenue

 

À la mi temps

Les hommes les ont couchées

Ils ont forcé leur intimité

Nié leurs capacités

 

Des femmes se sont relevées

Elles ont enseigné à leurs filles et fils

La force de vie

Elles continuent de défendre leur intégrité

Leur rôle au sein de l’humanité

 

Donner la vie

Accueillir la vie

Nourrir la vie

 

Ensemencée par l’homme

Nourrie par l’homme

Soutenue par l’homme

Isabelle

Souvenir de la Yonifest et de la tente rouge

Les plantes compagnes de la maternité en Caraïbe

Un mémoire très intéressant de fin de formation écrit par Julie Mailloux accompagnante à la naissance en Guadeloupe. Agronome de formation, elle a travaillé plusieurs années en Guadeloupe sur l’identification des « mauvaises herbe » en arboriculture fruitière, à étudier l’impact de la flore sauvage sur les ravageurs et auxiliaires des cultures.

«L’objectif de ce mémoire est de décrire les plantes de la Caraïbe qui peuvent avoir un effet bénéfice sur la grossesse, l’accouchement, l’allaitement et le nourrisson. Il est également de retranscrire le savoir des « anciennes » qui utilisaient des simples et de retrouver les conseils que l’on donnait aux femmes enceintes, autrefois. Un focus est fait sur certaines plantes, pour en décrire les usages possibles, leur mode de multiplication et de plantation. Une liste (non exhaustive) des plantes à éviter durant la grossesse est décrite. Des idées de recettes et de développement dans le cadre d’une activité d’accompagnante à la naissance sont suggérées au cours du mémoire.»

Lire le document intégral : Plantes compagnes compagnes de la maternité en Caraïbes

Julie Mailloux:  association Mamoon Guadeloupe

La foire aux questions

Qu’est-ce que l’accompagnement à la naissance ?

C’est une approche non médicale qui s’adresse aux futurs parents. L’accompagnement à la naissance consiste en un suivi personnalisé pendant toute la période entourant la naissance par une femme d’expérience (elle a souvent elle-même des enfants) qui a la connaissance du milieu médical et de la physiologie de l’accouchement en plus de beaucoup d’autres compétences (écoute empathique, connaissance du milieu, soutien en allaitement, notions de portage physiologique, compréhension et connaissances des besoins des nouveaux nés, etc.).

La grossesse et l’accouchement sont des processus naturels. La naissance d’un enfant est un moment très intense pour les parents et il est important qu’ils aient l’information et le soutien pour faire des choix éclairés afin de vivre consciemment ce moment dans la joie et non dans la peur. C’est pour tout cela que l’accompagnement à la naissance a toute sa place dans notre société.

Profil type d’une accompagnante à la naissance ?

Toute personne qui se sent concernée par la naissance et la maternité, la parentalité a un rôle à jouer dans l’accompagnement à la naissance. De plus, les professionnels de la santé et tous ceux qui offrent des soins, des suivis aux femmes enceintes ont intérêt à suivre une telle formation ; en effet, l’accouchement, entre autres, est une période trop souvent réduite à des interventions et une gestion de risques.

Professionnelles de la santé et médecines douces : notre formation offre un complément pour enrichir leur pratique auprès des parents et comprendre les processus physiologiques et psychologiques en marche pendant cette période si particulière que sont la grossesse et la naissance.

De plus, cette formation permet aux professionnels d’adapter leur suivi par une meilleure connaissance de la réalité du milieu hospitalier. Ils sont ainsi mieux informés et outillés pour favoriser une expérience satisfaisante pour les couples en pré, per et post natal.

Jeunes mamans, mères et grand-mères : pour ces femmes qui ont accouché ou qui ont un désir d’enfant et aimeraient s’impliquer auprès des femmes et des couples qui attendent un enfant, l’accompagnement à la naissance est un bel espace d’épanouissement. Cela peut intéresser les mères et les grands-mères qui sont à la maison, car, disponibles, elles peuvent offrir leur expérience et leurs connaissances mises à jour. Le jour de l’accouchement, elles sont une présence rassurante, qu’elles soient sur place à l’hôpital ou joignables par téléphone. Elles peuvent également offrir un répit aux pères pendant l’accouchement en les relayant au besoin. Que dire ensuite du postnatal ! Une écoute empathique, des conseils avisés, une expérience à partager et des connaissances à transmettre, tout ceci dans un cadre où respect, confiance et complicité règnent.

Pourquoi être accompagné(e) ?

La présence d’une accompagnante (ou doula) permet au couple de se préparer plus sereinement, de prendre le temps de comprendre les processus du corps, les protocoles médicaux et d’être informé plus globalement sur leurs choix. Nous croyons en l’importance de favoriser la physiologie de l’accouchement et de permettre aux femmes de retrouver la confiance en leur capacité d’accoucher et d’accueillir leur enfant. Soutenir le post partum est une étape également si importante et peu valorisée actuellement.

L’accompagnante est une source d’information sur toutes les possibilités qui s’offrent aux parents afin qu’ils prennent leurs décisions librement et sereinement.

Elle apprend à connaître le couple en prénatal, entre eux se développe une relation de confiance. La doula est un pont entre le milieu hospitalier et l’intime, l’histoire, les valeurs et les désirs des parents, des familles.

Parce que la doula est la seule personne qui sera avec eux tout au long de la grossesse, le jour de l’accouchement et en postnatal, c’est en cette personne-là que les parents auront une grande confiance : parce qu’elle les connaît, ce lien de confiance développé pendant la grossesse est très important le jour de l’accouchement. Même si la doula n’a pas forcément accès à la salle d’accouchement, sa présence et le fait qu’elle soit disponible pour les parents favorise le sentiment de sécurité, primordial pour faciliter l’accouchement.

Se faire accompagner c’est aussi, pour les femmes enceintes, une façon de vivre une expérience plus sereine. Cela leur permet de se réapproprier leur maternité et de pacifier un premier accouchement ou un post partum difficile.

Se faire accompagner, pour le futur papa, c’est pouvoir vivre ce passage qu’est l’arrivée de son enfant, sans avoir à porter de multiples casquettes… les pères aussi ont des émotions à vivre !

La formation et son contenu.

Les antennes de doula; notre principal outil de travail

Texte d’Amélie Blanchette, doula.

Les accompagnantes à la naissance sont invitées dans l’expérience de mères et de pères qui vivent une période extrêmement riche: celle de l’arrivée de leur enfant. Offrant aux parents un support inconditionnel mais non-médical, les accompagnantes prennent pied sur…leurs antennes! Qu’on se le dise, toutes les accompagnantes à la naissance sont des femmes sensibles; tellement sensibles qu’elles ont choisi, envers et contre beaucoup de choses, de faire de cette sensibilité un des piliers de leur métier.

Comment se forment-elles, ces antennes de doulas, et à quoi servent-elles ?

Pendant la grossesse :

Généralement, les parents auront pu partager plusieurs heures avec leur accompagnante avant l’accouchement; on aura parlé beaucoup d’accouchement, de corps de femmes qui accouchent, de vécu de père, d’anticipation, de leur histoire personnelle, de leurs attentes ou craintes face à l’accouchement, de préparation de l’allaitement, de mythes, d’attentes face aux premières semaines avec bébé… de tout ce qui constitue la trame de la venue de ce bébé. Lors de certains accompagnements, j’ai du passer plus d’une douzaine d’heures avec les couples avant la naissance de leur bébé (ajoutons à ça les conversations téléphoniques et les courriels échangés).

Moments importants qui me laissent entrevoir une partie de la personnalité des parents.

Souvent, on aura aussi bougé; on aura fait des étirements, des massages pour soulager la mère de ses maux de fin de grossesse, l’aider à se détendre et pour commencer à envisager aussi la danse qui sera celle de cette famille au jour de l’accouchement.

On aura parcouru différents outils de gestion de la douleur, les suspensions, les points de pression, etc…après tout, accoucher ça se fait avec le corps, avec son cœur aussi, mais pas avec sa tête. Cette présence au corps restera un bon outil pour les semaines suivant l’accouchement et pour la vie entière.

Il se sera donc tissé, au fil des semaines, un fort lien de confiance et beaucoup d’amour entre les parents et leur doula. C’est pour cette raison que la plupart des accompagnantes choisiront de travailler en offrant beaucoup de temps aux parents avant (et pendant) l’accouchement.

C’est en partant de cette connaissance de l’autre que l’accompagnante pourra être sensible aux besoins des couples tout au long de la naissance de ce bébé.

Puis, la doula se tient prête; et un jour…( ou une nuit) :

L’accompagnante rejoindra ses accompagnés; elle les connaît et les aime (c’est vrai; on ne peut accompagner que si on aime). Elle restera auprès d’eux tout au long de cette expérience véritablement transformatrice que sera la naissance de ce bébé-là, au sein de cette famille-là.

Elle sera là, avec ses antennes bien ouvertes, munie des multiples informations qu’elle aura captées au long des semaines précédentes; il s’agit bien plus d’impressions, d’instinct, de tendresse que d’analyses… précieuses impressions venues du temps passé ensemble, des conversations et questionnements qui en ont découlé.

Elle se connectera à son propre ressenti, à son instinct; elle sera attentive aux besoins des parents, aux tensions, aux bouffées d’inquiétude qui surgissent parfois, elle saisira au vol chaque avancée de la mère dans son propre chemin d’ouverture et d’accueil de son bébé. Reliée à tout ce qu’elle connaît de ces parents, elle pourra sentir quand parler à la mère, quand s’éloigner un peu pour préserver l’intimité du couple, quand rassurer le père d’un regard, quand rester simplement tout près, quand toucher la mère (ou pas), quand sortir discuter avec les infirmières ou médecins pour que chacun expose sa lecture de cet accouchement ( trésor quand c’est possible). Elle aura le grand privilège de voir, sous ses yeux (souvent émus, toujours remplis de gratitude), une femme devenir une mère, un homme devenir un père, deux femmes devenir mères chacune à leur façon. Elle assistera dans la bienveillance à ces heures uniques et précieuses..elle verra  aussi un(e) mini-humain(e) venir au monde, dans sa grande compétence et ses réflexes. Elle assistera à la rencontre entre ce bébé et ses parents, chacune unique et toujours magnifique. Elle connaîtra donc un petit peu l’histoire de cette naissance; ce qui s’ajoute encore au contenu de ses antennes!

Puis viennent les premiers jours, semaines et mois avec bébé :

Période déstabilisante s’il en est, qui remue un peu (beaucoup) les fondements des personnes qui deviennent parents; qui chamboule aussi le système qu’était cette famille avant l’arrivée de mini-humain(e).

À quoi peuvent donc servir des antennes de doula, en période post-partum?

  • À écouter, beaucoup. À offrir un espace pour raconter l’accouchement; raconter le vécu de l’accouchement.
  • À relier le vécu en post-partum au vécu de l’accouchement; en effet, si l’amour est toujours au rendez-vous, l’attachement, l’allaitement et l’adaptation au rôle de parent peut être teinté des couleurs de l’accouchement. Le normaliser, c’est permettre à la mère et au père de prendre leur temps, de construire leur lien d’attachement avec leur bébé dans leur réalité.
  • À souligner les bons coups des parents, à valider leur compétence et les amener à la voir.
  • À tenter, bien humblement, de soutenir les parents dans la recherche de leurs propres solutions aux milliards de nouveautés qui les assaillent.
  • À soigner un peu, parfois, le corps de la mère.
  • À honorer : la mère, le père, le bébé, le(s) aîné(e)s.
  • À rassurer sur ce qui est normal
  • À référer vers d’autres ressources quand son instinct ou ses connaissances lui soufflent que ce n’est peut-être pas normal.
  • Certaines accompagnantes offrent aussi le service d’aide aux relevailles; elles soutiennent ainsi très concrètement l’adaptation et la récupération des familles après l’arrivée de bébé.

Ces antennes de doula, elles rendent riches parce-qu’elles prennent leur temps. Beaucoup de temps avec les parents accompagnés, et beaucoup de temps aussi dans la vie de l’accompagnante qui, à mesure que ses antennes se développent, s’offre à elle-même ce cadeau de la présence. C’est un parcours qui ne s’achève jamais, et c’est parfait ainsi.

 

Apprendre à aimer le sang

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Voici le travail de fin de formation en accompagnement à la naissance de Jessica Lambert

Une bande dessinée pour comprendre le cycle féminin. Voir la bande dessinée complète.

Pour la commander ou avant de l’utiliser, contacter Jessica Lambert

 

De l’existence de la doula

Aujourd’hui je vous parle de mon rôle de doula ou encore accompagnante que j’ai tant aimé et que j’aime tant partager et voir se révéler chez les femmes.

Pourquoi les couples recherchent-ils de plus en plus la présence d’une  accompagnante en plus du suivi médical lorsque l’accouchement a lieu en centre hospitalier?

Comme son nom l’indique, elle accompagne: elle n’est ni sage-femme, ni thérapeute, ni spécialiste. J’aime dire qu’elle va permettre à cette femme de se déposer, de se découvrir, de laisser se révéler ce qui a à naitre de sa maternité. Une histoire de femmes au sein d’une maternité souvent réduite à un suivi médical. Et une présence rassurante pour le père.

Concrètement, elle offre un soutien non médical aux parents pendant la grossesse, l’accouchement et le post partum. Elle informe afin que les parents fassent leurs propres choix selon leurs valeurs, leur histoire et comprennent mieux ce qui leur est proposé.

Dès 1970, les premières recherches de Klaus et Kennel ont permis de démontrer que le soutien continu d’une femme en travail par une autre femme (soutien physique, pratique et émotionnel) augmente les chances d’accoucher physiologiquement.[1]

L’essence de la doula se résume plus à une qualité d’être qu’à un ensemble de pratiques ou compétences techniques. Le support offert doit avant tout être associé à une qualité de présence, calme et attentive et d’écoute de la femme qui accouche.

«Lorsqu’une mère contacte une autre femme pour bénéficier de son soutien, elle est à la recherche d’une compagne capable de lui offrir chaleur et empathie ou la simple présence d’une autre femme – une compagne heureuse de tenir sa main avec intégrité et pas nécessairement une personne capable de lui offrir des services spécialisés, dépassant le travail d’une doula.»[2]

«Une bonne doula doit se soucier de la manière dont ses propres expériences liées à l’accouchement et au parentage peuvent avoir un impact sur l’accouchement ou l’allaitement d’une autre mère et s’efforcer d’y  réfléchir, de les traiter et de les guérir dans un environnement sûr et de manière  continue. »[3]

Une formation de doula doit amener les participantes à se connaitre, à réfléchir à leur histoire et à leurs croyances. Les qualités naturelles de certaines femmes en feront des doulas: la compassion, l’écoute, la qualité de présence, l’humilité, le calme et l’intuition.

L’accompagnante devrait-elle être une professionnelle de la santé? Je n’en suis pas certaine puisqu’elle est avant tout une femme qui accompagne une autre femme, au niveau du coeur, au rythme de cette femme et de son bébé, sans contrainte et sans attente.

Pour aller au bout de son expérience d’accouchement, une femme a besoin de se sentir en sécurité, de se sentir aimée, respectée et soutenue de façon inconditionnelle, quoi qu’il se passe. Je sais pour l’avoir vécu à répétition, que tout peut se transformer … même une situation qui semble rationnellement et médicalement bloquée. Une personne non intégrée au système médical et aux contraintes associées, peut offrir cette présence sans être en conflit. Elle peut porter la confiance lorsque plus personne n’y croit et permettre à cette femme de traverser un passage difficile ou du moins de le vivre en conscience et serienement, quelle que soit l’issue.

Pour la période du post partum, la doula est également très importante comme repère stable pour la mère. Elle va offrir son soutien pour l’allaitement et dans le quotidien. Le nombre de dépressions en post-natal augmente depuis 20 ans car les femmes sont très seules après la naissance. Il n’y a pas assez de réseaux de soutien pour encourager, informer, guider et soutenir les nouvelles mamans. Des observations suggèrent que le lien d’attachement mère-enfant est amélioré et le risque de pathologies post-natales est moins élevé chez les mères aidées par une doula. [4]

[1] Sosa, R, Kennel, JH., Klaus, MH. et al. « The effect of a supportive companion on perinatal  problems, length of labor and mother infant interaction» New England Journal of médecine 1980

[2] Adela Stockton – les doulas – p.40 – Éd. Le Souffle d’or.

[3] Adela Stockton – les doulas – p.39 – Éd. Le Souffle d’or.

[4] Golbort, J «postpartum dépression :bridging the gap between medicalized birth and socila support» international of childbirth éducation , decembre 2002.