Je vous partage aujourd’hui quelques extrait du dernier magazine «Rêves de femmes»

Afin de nourrir ce réenchantement, cette autre expérience possible de l’accouchement, pleine de : puissance et mystère, intensité et joie, traversées difficiles et victoires, peur et confiance, chaos et  justesse.

« ….Pourquoi est-ce si difficile? ….Pleurer, pleurer de m’être trompée et de ne pas savoir quoi faire d’autre. Avoir mal et lâcher et devenir dingue car la douleur elle, ne lâche pas. Chercher à contacter mon bébé et n’y trouver aucune ressource …

Et puis perdre pied. Animal sauvage agrippé au boudin de la piscine. Perdre le contact avec le reste du monde. Mon compagnon est si loin. Il est hors de la douleur, du tsunami…Même mon bébé est loin. Lui est loin dedans dans un autre univers dont je suis la limite. Le dedans, le dehors et moi…Je ne sais plus qui je suis… Je suis la fin du dedans et le début du dehors. Je suis limite, passage. Sensations pures mais obscures. Pas de pensées pour les décoder. Des bribes de réalité m’arrivent encore, mais rien ne fait sens…..que faire à part continuer, donner tout ce que j’ai, à en mourrir. Et je meurs.

Non! J’ouvre les yeux tout d’un coup. C’est une accalmie… Je sens les mains de mon compagnon et je vois son visage émerveillé… Je remarque à nouveau les deux femmes autour de moi, elles sourient comme si elles savaient, mais comment pourraient-elles savoir? J’ouvre la bouche pour parler mais les mots n’existent plus… Mon bébé est là à nouveau, aux portes de moi-même. Les deux mondes vont se rejoindre mais pour cela, il faudra que je cesse d’exister encore une fois, le saurais-je? …» Amandine Lagarde p.56

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« Entre 2 souffles, entre inspir et expir, il y a un temps de repos.

Entre le flux et le reflux, il y a un temps suspendu.

Entre deux rafales, il y a toujours le calme.

Entre deux contractions, il y a toujours des points de suspension.

Alors dans cet entre-deux, s’y déposer, s’y reposer, se déployer dans cette éternité.

S’installer dans l’intime de cette présence immobile résolue…» Anne Douchet Morin p.53


« …À chaque montée j’inspire, je ferme les yeux, je souffle en voyant un bouton de fleur s’ouvrir et éclore, tu es au centre, ma chérie. Je n’ai pas d’émotions particulières : peur, impatience, excitation, rien de tout cela. Je ne ressens pas de douleur, de l’intensité seulement…. J’ai soif de plaisir, de beauté, d’intensité.

Le corps dans l’eau et les bras autour du cou de mon homme, je lui chante mes contractions. En réponse il me vocalise son énergie, il m’offre sa force, me pénètre de sa voix et m’accompagne ainsi avec une telle puissance…

Là je freine, une douleur intense me prend. J’ai soudain peur. Quel sera le prix à payer, la contre-partie de cette permission que je me donne d’accoucher dans le plaisir, de recevoir autant d’amour et de tendresse.

Je suis épuisée, je ne vais pas y arriver, je veux aller à l’hôpital, je veux une péridurale, je veux une césarienne, je veux accoucher demain… Un sourire et une phrase de Françoise, une seule, me délivre : «Reste avec ton bébé!» De retour dans ma bulle, je suis accueillie par cette vague intense de plaisir …»

Aurélie Mazerm Viard. p. 65

«Rêves de femmes»N°49

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