Le défi de mettre au monde à l’hôpital bien informée … mais sans réel soutien .

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Quand la volonté et la conviction ne suffisent pas. 

Se préparer à accoucher. Avoir peur. Se dire qu’on a besoin d’une péridurale ou d’interventions médicales, que c’est normal…qu’ils savent ce qui est bon, car, après tout, c’est leur travail. Ou tenter de se convaincre qu’on est forte, qu’on saura faire sans avoir besoin de se préparer et qu’on va résister aux interventions non désirées.

Tant d’injonctions pour les personnes qui se préparent à accueillir leur bébé.

Et les parents se retrouvent seuls dans une salle de naissance entourés de professionnel.les qui pensent différemment et qui sont formés pour gérer des risques et non pas pour soutenir la physiologie.

Comment trouver encore des mots pour le dire, pour que ça résonne, pour que la confiance en ses propres valeurs trouve un ancrage en soi, plutôt que la peur qui détruit tout sur son passage.

Volonté et conviction ne sont pas suffisantes dans un passage initiatique tel que la mise au monde : la traversée de défis personnels intenses ne dépend pas d’un exercice de volonté. 

Mettre au monde exige une plongée à travers son histoire, ses failles, ses convictions et la mise en mouvement qui se manifeste n’est pas volontaire mais plutôt l’expression de quelque chose de très profond, un savoir immuable qui va prendre les commandes une fois la confiance bien installée. Mais la peur est toujours prête à bondir.  

Sans sécurité, sans soutien, sans présence de personnes bienveillantes et accueillantes de tout ce qui émerge, il ne faut pas se mentir, il sera souvent impossible de nourrir cette confiance en maternité hospitalière. Car nous ne sommes pas habitué.es à accepter ce que l’on ne comprend pas, ce que l’on ne contrôle pas ou à écouter nos intuitions qui font craquer nos propres croyances.

On évoque beaucoup  l’intensité de la mise au monde mais pourquoi si peu de femmes mettent au monde par elles-mêmes? Et ça n’est pas seulement la faute du système : à un moment donné, elles sont submergées, sans personne qui comprend vraiment ce qui se passe et qui peut les rassurer. La péridurale est alors la seule solution proposée!

Or, la seule chose qui peut permettre à une femme d’oser traverser ses voiles, ses peurs et ses histoires est la présence d’une personne sécurisante qui coute moins cher qu’un médecin anesthésiste à la société : elle contient l’espace de cette expérience qui peut alors être vécue dans toute son intensité, même à l’hôpital.

Dans le monde de la naissance, on parle beaucoup de prendre son pouvoir, de résister aux interventions.

On se trompe de défi.

Les mères ont besoin de sécurité et de soutien avant tout. Chaque passage de vie, de la naissance à la mourance, nous initie par son ouverture à une expérience plus vaste que ce que l’on connait.

Et ça ne se fait pas par notre volonté.

Ça se déroule tout au contraire dans une prise de soin de ses résistances. 

Lorsque cette puissance se révèle dans une salle de naissance, tout le monde est bouleversé car, assister à une telle traversée est une initiation pour tout le monde. 

Voilà pourquoi les doulas ont une place à habiter qui ne peut qu’apporter de la richesse dans les salles de naissance.